Le mot du président du GDSA69 – Décembre 2019


Auteur : Olivier MARTEL, président du GDSA69 Rhône et Métropole de Lyon

Santé des abeilles et réchauffement climatique

Météo France nous informe qu’en 2050 la météo à Lyon sera celle de Madrid, et en 2100, la météo d’Afrique du Nord. Mais les effets du changement climatique se font déjà sentir pour la santé des abeilles avec plusieurs conséquences.

Les conditions météorologiques

Elles peuvent malmener les colonies :

  • soit avec des canicules : pour que le couvain reste toujours autour de 34°C, les abeilles « climatiseuses » ventilent. Mais si la température augmente encore, les abeilles estivent. La reine ne pond plus. Vers 45°C, la cire peut fondre, ce qui a été le cas dans certains secteurs du Gard et de l’Hérault. A 48°C, les abeilles meurent.
  • soit avec des variations brutales de météo : Ainsi en 2019, sans des provisions conséquentes dans les colonies, et s’il n’y a pas eu un nourrissement exceptionnel en mai, les ruches sont mortes de faim.On espère que cette année noire qui vient de s’écouler en apiculture, surtout avec l’absence de récoltes de miels au printemps, ne se répètera pas.

Calendrier des miellées

L’alimentation des abeilles a un fort impact sur leur santé. Les miellées et les pollinées (période d’émissions des pollens) subissent le bouleversement du calendrier. Il n’y a pas que les vendanges qui sont de plus en plus tôt. Ainsi, le châtaignier qui fl eurissait début juillet dans les monts du lyonnais , fl eurit désormais à partir de mi-juin et fi nit sa fl oraison vers le 10 juillet. Après, il n’y a presque plus rien à part le lierre en septembre. On se demande bien ce que les abeilles ont comme ressources alimentaires dans la seconde partie de l’année. L’eff ondrement de la biodiversité a supprimé les fl oraisons automnales et hivernales. Il y a 30 ans, il n’y avait pas besoin de nourrir. Au vu d’une carence de pollens dans les ruches, certains apiculteurs apportent désormais du pollen. En tenant compte du réchauff ement climatique, devons-nous maintenant planter des arbres ou arbustes méditerranéens pour éviter de nourrir les abeilles ? C’est à envisager sérieusement.

Le frelon asiatique et le moustique tigre

Ils ne sont qu’une partie visible de l’iceberg. Le réchauffement climatique ajouté aux échanges internationaux économiques font qu’en moyenne 15 espèces invasives arrivent en France. Les canicules provoquent la sortie des abeilles en faisant «  la barbe » devant l’entrée. Le frelon asiatique a un plateau d’abeilles pour se servir. Quant au moustique tigre, des méthodes alternatives aux traitements actuels (eff ectués entre 3h et 4h du matin) doivent être recherchées car nocives pour les abeilles.

Les virus et les bactéries

Leur développement fluctue selon les températures. Restons en veille

Pour la santé des abeilles, des stratégies d’adaptation sont à organiser dès maintenant

Durant les périodes de canicules, il est impératif d’installer des abreuvoirs et d’effectuer un remplissage régulier. Peindre les toits des ruches en blanc est une bonne pratique. Le noir accentue la chaleur. Certains apiculteurs isolent le toit.

D’autres encore déplacent les ruches dans des endroits plus frais. A vous de choisir.

Une ruche de Mr Vang de Francheville, en version canicule

Quelle apiculture aurons-nous dans 20 ou 30 ans… ? Nul ne le sait. Ne nous décourageons pas pour autant. L’apiculture a déjà relevé de nombreux défi s pour sa survie.

Pour être complémentaire avec le syndicat d’apiculture, une journée est organisée en alternance. En 2020, c’est au tour du GDSA69 Rhône et Métropole de Lyon de vous proposer une journée sur la santé des abeilles, le 7 mars 2020, durant laquelle le sujet du réchauffement climatique sera abordé.

Vous y serez les bienvenus, ainsi qu’à notre assemblée générale du 18 janvier 2020.

Bonnes fêtes de fin d’année.

Amitiés apicoles

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