31% de mortalité en 2019


Par Alain Bodoy

Les enquête sur la mortalité des abeilles menées auprès des adhérents par Alain Bodoy, Alexandre Joly et Olivier Martel conduisent aux conclusions suivantes : en 2017 : 28% de mortalité, 2018 : 41 % ; 2019 : 31 % de mortalité. La moyenne nationale est de 30%. Rappelons qu’avant l’arrivée des pesticides de la famille des néonicotinoïdes, la mortalité était en moyenne de 5%. On ne doit pas s’habituer à ce désastre ! En juin 2019, la cour d’appel de Lyon a condamné l’Agence Nationale (ANSES) à revoir la méthode d’évaluation des impacts des pesticides.

Rappelons aussi que tout traitement est à faire après la dernière récolte. Il ne faut pas débuter trop tardivement (mi-septembre est beaucoup trop tard), et surtout pour l’Apivar, la durée d’exposition doit s’effectuer sur les 12 semaines recommandées, pas moins et pas plus. Ne pas laisser les lanières durant l’hiver, car cela favorise l’apparition de résistances à la molécule.

Effets destructeur pour les foncgicides

Le dernier congrès de la Fnosad a fait la part belle aux communications concernant les pesticides. Les scientifiques s’intéressent notamment de près à l’action des fongicides utilisés pour lutter contre le développement de divers champignons qui s’attaquent aux cultures. Il s‘avère que ceux-ci sont également très toxiques pour les invertébrés, dont nos abeilles, car ils sont rencontrés dans le pain d’abeille. Leur usage agricole a augmenté fortement ces dernières années.

Leur effet ne se fait sentir qu’au bout de deux semaines, ce qui rend inopérants nombre de tests de toxicité, pratiqués sur des durées trop courtes.

Une cause du déperissement des colonies ?

Les fongicides agissent sur la prise d’aliment par les abeilles, restreignent leur durée de vie, affectent leur développement, ainsi que leur système immunitaire. Ils sont fortement suspectés comme cause conjointe du dépérissement des colonies. Sur des espèces voisines, les bourdons, la présence de fongicides a comme conséquence une diminution considérable du nombre de mâles, affectant ainsi le succès reproducteur.

On a observé une synergie d’une catégorie de fongicides, les SDHI (Succinate Deshydrogenase Inhibitors), avec la nosémose. Ils interagissent par ailleurs avec les pesticides (effet cocktail). Ceci a été démontré sur les amandiers aux États-Unis  : lorsqu’ils sont utilisés ensemble, les mortalités d’abeilles font plus que doubler. Il est donc essentiel de modifier les règles d’homologation de ces produits et notamment la durée des tests, pour protéger les abeilles

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