l’étiquetage des miels : ce qu’il faut faire et ne pas faire


Les pots de miels constitués de mélange devraient bientôt être obligés de mentionner les pays d’origine des miels qui le composent. Aux côtés de cette nouvelle mention concernant les mélanges, des règles définissent les mentions obligatoires ou interdites sur vos pots de miel.

La réglementation définit ce qu’est le miel. Elle fixe les dénominations légales de vente des différentes variétés de miel et précise les modalités générales et particulières d’étiquetage et de présentation, ainsi que les caractéristiques de composition des produits.

Définition

Le miel est la substance sucrée naturelle produite par les abeilles de l’espèce Apis mellifera à partir du nectar de plantes ou des sécrétions provenant de parties vivantes des plantes ou des excrétions laissées sur celles-ci par des insectes suceurs. Elles les butinent, les transforment en les combinant avec des matières spécifiques propres, les déposent, déshydratent, entreposent et laissent mûrir dans les rayons de la ruche. A l’exception du miel filtré, aucun pollen ou constituant propre au miel ne doit être retiré, sauf si cela est inévitable lors de l’élimination de matières organiques et inorganiques étrangères.

Pot de miel

Caractéristiques de composition

Elles sont fixées par l’annexe II du décret pour :

  • La teneur en sucres : fructose, glucose et saccharose ;
  • La teneur en eau ;
  • La teneur en matières insolubles dans l’eau ;
  • La conductivité électrique ;
  • Les acides libres ;
  • L’indice diastasique et la teneur en hydroxyméthylfurfural (HMF).

Étiquetage

Les règles d’étiquetage et de présentation sont celles prévues par le règlement concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires et préemballées.

Étiquette miel

Mentions obligatoires
• La dénomination de vente
Exemple : miel de fleurs, miel de miellat, miel en rayons, miel filtré, miel destiné à l’industrie.

Elle peut être complétée (sauf pour le miel filtré ou destiné à l’industrie) par des indications ayant trait à l’origine florale ou végétale : miel d’acacia, miel de sapin, etc., à l’origine régionale, territoriale ou topographique miel de forêt, miel de montagne, etc., ou à des critères spécifiques de qualité : miel de printemps, miel crémeux. Toutefois, cette mention complémentaire ne doit pas être de nature à induire l’acheteur en erreur sur les qualités substantielles du produit.

Pour les miels polyfloraux : miel de thym et de lavande, par exemple, la double indication florale ou végétale peut figurer en complément de la dénomination de vente à condition que les fleurs et végétaux mentionnés aient la même période de production et la même origine géographique. Si ce n’est pas le cas, le terme mélange doit apparaître clairement sur l’étiquette.

Autres dénominations : miel filtré et miel destiné à l’industrie.

• Indication du poids net
Selon les critères de l’arrêté du 20 octobre 1978, hauteur minimale de caractères de :
– 4 mm, si elle est comprise entre 1000 g ou 100 cl inclus et 200 g ou 20 cl exclus.
– 3 mm, si elle est comprise entre 200 g ou 20 cl inclus et 50 g ou 5 cl exclus.
– 2 mm, si elle est inférieure ou égale à 50 g ou 5 cl.
Suivie du symbole de l’unité de mesure utilisée ou, éventuellement, de son nom.

• Liste des ingrédients
Elle n’est pas exigée pour le miel désigné sous la dénomination miel (un seul ingrédient) mais la composition des mélanges de miels peut être signalée (miel de lavande et miel de thym par exemple).

• Date de durabilité
La date de durabilité minimale (DDM) est indiquée en clair. Toutefois, elle peut être annoncée par la mention : A consommer de préférence avant fin … en indiquant le mois et l’année lorsque la durabilité est comprise entre 3 et 18 mois ou seulement l’année lorsque la durabilité est supérieure à 18 mois.

LES PAYS D’ORIGINE DES MIELS IMPORTÉS BIENTÔT SUR LES ÉTIQUETTES
Le 27 mai 2020, l’Assemblée Nationale a adopté en 2e lecture, à l’unanimité, la proposition de loi qui oblige à mentionner les pays d’origine d’un miel de mélange.
Cette nouvelle loi relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires, à laquelle l’UNAF a contribué en défendant ardemment une meilleure transparence pour l’étiquetage des miels importés, prévoit notamment que « pour le miel composé d’un mélange de miels en provenance de plus d’un État membre de l’Union européenne ou d’un pays tiers, tous les pays d’origine de la récolte sont indiqués par ordre pondéral décroissant sur l’étiquette. »
Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2021, et s’appliquera également à la gelée royale. Cette avancée notable dans la transparence des miels est à saluer, sachant que l’Unaf continue de travailler sur ce dossier pour faire valoir la mention future des pourcentages des différents pays.

• Nom ou raison sociale et adresse du fabricant, conditionneur ou vendeur
Le code emballeur est fourni par une Direction départementale de la protection des populations (DDPP) ou une Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP).

• Indication du lot de fabrication
Elle peut être remplacée par la DDM lorsqu’elle est exprimée en clair (jour, mois, année).

• Indication du ou des pays d’origine
Exemples : Origine France, Récolté en France ou «Mélange de miels originaires de l’UE pour un miel originaire de France et de Hongrie, mélange de miels non originaires de l’UE, pour un miel du Canada et d’Argentine, ou mélange de miels originaires et non originaires de l’UE pour un miel d’Espagne et du Mexique.

• Les diverses expressions
Les expressions : «miel toutes fleurs», «miel mille fleurs», «miel crémeux», «miel liquide», «miel doré» ne sont pas admises en tant que dénominations de vente. Elles peuvent être utilisées seulement à titre de mentions informatives.
Le miel est un produit issu de la nature : l’expression est autorisée.

Expressions non autorisées
• Miel naturel : pur miel ;
• Miel de pays, miel de terroir : 100% miel ;
• Miel à la gelée royale, miel et gelée royale : il s’agit d’une « préparation à base de miel et de gelée royale » et il convient de préciser les pourcentages respectifs dans la liste des ingrédients.
• Miel à la truffe : le miel ne doit faire l’objet d’aucune addition de produits alimentaires (cf. annexe II du décret n° 2003-587 du 30 juin 2003). Dans ce cas particulier, une dénomination de vente descriptive doit être utilisée par exemple : « Préparation à base de miel et de truffes blanches ».
• Miel du Rhône : l’indication territoriale du Rhône dans la dénomination ne peut être mentionnée qu’à titre de complément d’information : elle ne dispense pas de la mention relative au pays (cf. note explicative concernant la directive n° 2001/110/CE) ;
• Miel de la colline : ce produit fait référence à une origine topographique. Elle peut être utilisée en complément de la dénomination si le produit provient entièrement de l’origine indiquée.
• Miel d’alvéoles : le décret n° 2003-587 du 30 juin 2003 prévoit la dénomination : « miel avec morceaux de rayons ».

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